Newsletter n°2 Comment déterminer un Hyles de France

Newsletter n°2

→Comment déterminer un Hyles de France

 →How to determine a French Hyles

 

Certains Hyles sont des insectes vraiment faciles à déterminer. Hyles vespertilio, Hyles livornica, Hyles gallii sont (en France) pratiquement constants, ne présentant pas (ou si peu) de variations sur l’habitus. Certains sont plus petits, plus pales, d’autres plus grands, mais il ne s’agit là que de variations environnementales (abondance et qualité de la nourriture, climat plus ou moins sec…),

Some Hyles are really easy moths to determine. Hyles vespertilio, Hyles livornica, Hyles gallii are (in France) almost constant, showing no variation (or so few) in the pattern. Some are smaller and paler, some are larger, but this is just environmental influence (abundance and quality of food, weather dry or wet…) 

Dans ce genre existe un complexe d’espèces, sous-espèces (et je ne parle pas des formes) fortement apparentées, avec un fort niveau de polymorphisme. C’est le complexe d’Hyles euphorbiae. En France, nous n’avons que deux réels membres de ce complexe, Hyles euphorbiae et Hyles dahlii. Toutefois dans la mesure où Hyles nicaea et Hyles hippophaes sont souvent confondus avec H. euphorbiae, je propose ci-dessous une clé de détermination pour toutes nos espèces. Une planche couleur apportera une aide supplémentaire pour les hésitants. Bonne chance.

Within that genus, we have a complex of species, subspecies (and I do not talk about forms) closely related, with a very high level of polymorphism. It is called the Hyles euphorbiae complex. In France, we have only two real members of that complex, Hyles euphorbiae and Hyles dahlii. But as Hyles nicaea and Hyles hippophaes are often confused with euphorbiae I provide a determination key for all our species. A color plate will constitute a supplementary help for hesitant. Good luck and enjoy.

c_plate Hyles 1 annoté

c_plate Hyles 2 annotée

c_plate Hyles 3 annotée

  • Corps gris. Aile antérieure gris souris uniforme avec parfois une ligne postmédiane plus sombre. Body grey. Forewing uniform grey with sometimes a darker postmedian line.         ……………………………………………………………………………………………….Hyles vespertilio
  • Corps brunâtre avec taches blanches et noires latérales sur les 1ers segments abdominaux. Body brownish with black and white lateral spots on the first abdominal segments ……………………………………………………………………………………………………….……….2

2.

  • Aile antérieure avec les nervures surlignées de blanc crème, donnant un aspect ligné. Bords postérieures des segments abdominaux présentant une ligne alterne blanche et noire. Forwing with the venation highlighted with cream-white, producing a striped appearance. Posterior edges of the abdominal segments with an alternated black and white line ………………………………………………………………………..……..Hyles livornica
  • Aucun de ces caractères réuni. None of those characters …………………………………………3

3.

  • Antenne brune, juste la pointe parfois éclaircie. Bande médiane de l’aile postérieure franchement bicolore, rose à la base, blanche rosée dans la seconde moitié. Brown antenna, just the apex lighter …………………………………………………….………….……Hyles gallii
  • Antenne blanc pur sur la partie dorsale. Antenna pure white on the dorsal area …………………………………………………………………………………………………………..…………………4

4.

  • Aile antérieure juste marquée d’une bande postmédiane très linéaire sur son bord proximal. Tache discale (stigma) bien visible juste suivie d’une trainée d’écailles sombres. Bord postérieur des derniers segments abdominaux non marqués de blanc. Forewing with just one very linear on its proximal side postmedian band. Discal spot (stigma) very obvious, extended with a thin dark line. Posterior edge of the last abdominal segments without any white mark………………………………………………………………………………………………Hyles hippophaes
  • Aile antérieure avec motif plus complexe, en particulier tache sombre entourant presque totalement le stigma. Bord postérieur des derniers segments abdominaux marqués de blanc. Forewing with a more complex pattern, especially a dark patch surrounding almost totally the stigma. Posterior edge of the last abdominal segments with white marks…………………………………………………………………………………….…………………………………..5

5.

  • 3 taches latérales noires sur les premiers segments abdominaux. 3 lateral black patches on the first abdominal segments………………………………………………………..…Hyles dahlii
  • 2 taches latérales noires sur les premiers segments abdominaux. 2 lateral black patches on the first abdominal segments   ………………………………………………………………………….6

6.

  • bande médiane de l’aile postérieure rose jaunâtre ou rose très pâle. Présence à l’aile antérieure d’un petit « trait » sombre subapical surnuméraire. Tache à l’angle anale de l’aile postérieure jaunâtre ou rosâtre. Envergure supérieure à 90mm. Median band of the hindwing yellowish pink or very light pink. One extra small subapical dark mark on the forewing. Anal patch of the hindwing yellowish or pinkish. Wingspan up to 90 mm ……………………………………………………………………………………………………….Hyles nicaea
  • bande médiane de l’aile postérieure rose vif  ou rose rougeâtre. Pas de petit « trait » sombre subapical surnuméraireTache à l’angle anale de l’aile postérieure blanc-purEnvergure inférieure à 85mm. Median band of the hindwing bright pink or reddish pink. No extra small subapical dark mark on the forewing. Anal patch of the hindwing pure white. Wingspan less than 85 mm     ……………………………………………………….Hyles euphorbiae

 

And if my key does not work, please send me an email with a good picture of the uncertain specimen. I will answer quickly. Thanks.

Si malgré cela, vous n’arrivez pas à déterminer l’un de vos Hyles, envoyez-moi un bon cliché de votre spécimen problématique. Je vous répondrai vite. Merci.

 

Maintenant, le challenge de l’année (et des suivantes). Si vous avez lu la page « Hyles vespertilio », vous savez que la présence de cet insecte dans les Pyrénées, signalée à partir d’une seule chenille trouvée à proximité du Lac des Gloriettes, m’intrigue au plus haut point. Alors si vous aviez des informations, si vous pouviez confirmer cette présence, si vous aviez le temps d’allumer vos lampes à la bonne période sur ce secteur, je suis fortement preneur de vos observations. Merci.

Je reviens juste de cette région, et comme l’an passé, pas de trace de l’insecte. A vous de jouer !

Hyles vespertilio imago femelle L'Alpes d'Huez (38) FRANCE
Hyles vespertilio imago femelle L’Alpes d’Huez (38) FRANCE © Jean Haxaire

A bientôt.

Jean HAXAIRE

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Newsletter n°1 ou « Appel du 18 juin »

Bonjour.

Ceci est un 1er essai de la Newsletter générée par le site http://sphingidae-haxaire.com/

Le but de cette Newsletter est de vous donner quelques actualités sur notre famille favorite. Elle comprendra:

  • des informations concernant la collecte et les observations de terrain, en particulier sur les faunes européenne et française.
  • des informations inédites ou innovantes concernant l’élevage, la récolte des œufs, les techniques de prospection.
  • l’actualité Sphingidae au sens large, les publications que je retiens, les nouvelles espèces décrites, les missions effectuées dans le monde par mes collègues et moi-même. Je tenterai dans la mesure du possible de signaler les grandes modifications taxinomiques réalisées sur cette famille, que ce soit au niveau spécifique ou supra-spécifique. Je me permettrai de donner mon avis sur ces travaux.
  • toute autre information que je juge utile d’injecter ici.

1– les Sphingidae du mois.

Il ne vous a pas échappé que la saison est affreuse.  Les Sphingidae ont commencé à voler depuis février chez moi, avec Macroglossum stellatarum (toujours le 1er). La saison Proserpinus proserpina est désormais achevée et sa chenille n’est pas rare sur les épilobes hirsutes des bords de route dans mon département (47) mais seulement avant le passage de la meurtrière faucheuse de la commune. On la trouve en compagnie de celle de Deilephila elpenor et parfois même Hyles livornica.

A ce propos, si vous avez la possibilité d’intervenir auprès de votre commune pour préserver certaines zones, faites le, cette pratique est, dans nos campagnes fortement impactées par l’agriculture, la cause première de raréfaction des Sphinx comme P. proserpina et D. elpenor. Le bord de route est bien souvent le dernier refuge pour ces espèces, entre le bitume et le champ cultivé. faucheuse

L’espèce à chercher ce mois est Hyles nicaea. Si vous n’avez pas encore vu voler ce splendide Hyles, allez y quand il fera beau. Vous trouverez sa répartition connue sur  http://sphingidae-haxaire.com/index.php/cartographie/

Marumba quercus est aussi très commun en juin (il vole depuis mi-mai) encore que cette année, il va falloir trouver le compromis bonne lune/absence de pluie, et ça n’est pas gagné.  Toutefois, c’est incontestablement en juin que l’insecte est le plus abondant et le plus frais. En juillet, c’est nettement la fin.

L’observation française du mois est  une mâle de Sphinx de la Garance, observé et photographié par Jean-Claude TEMPIER dans le nord des Hautes Alpes (05) Névache, 1500m, 12 VI 2016. Les clichés ont été ajoutés au site dans la semaine. Cette rencontre est tout sauf banale. Les clichés de J. C. Tempier ont été ajoutés à la galerie concernant cette espèce.

2– les revues à lire.

Si vous êtes intéressés par les Sphingidae du Monde, il existe une revue  pour vous, The European Entomologist. Dans ce périodique (4 numéros/an) vous trouverez des notes de chasses, des inventaires faunistiques, et les descriptions de nouvelles espèces découvertes durant ces investigations.

Dans le prochain numéro, je publie une liste actualisée des Sphingidae de République Dominicaine et la description de deux surprenantes nouvelles espèces découvertes durant la mission effectuée en avril 2016, donc très récemment.EE revue pub

Deux nouveaux Macroglossum indonésiens y sont également décrits, ainsi qu’un Cypa par mon excellent collègue Tomas Melichar.

Si ces travaux vous intéressent, http://fr.sphingidae-museum.com/the-european-entomologist.html

Je fournis bien entendu des pdf à la demande, pour ceux que le format papier n’intéresse pas. Je précise que cette revue  est publiée à perte. Ça n’est pas une opération lucrative.
Oreina

Si vous n’aimez que la faune de France, l’incontournable est OREINA

Cette revue traite des papillons de France au sens large, mais présente de nombreuses notes concernent nos Sphingidae. L’étude du complexe pinastri/maurorum, le dossier « chenilles des Bombycoïdes », tout cela est paru dans OREINA. C’est mon magazine favori. Faites vous une idée sur  http://www.oreina.org/

Au plaisir de vous lire. J’attends vos retours.

Entomologiquement votre,

Jean Haxaire

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