Hyles gallii

Hyles gallii mâle
Hyles gallii mâle
Hyles galli femelle
Hyles galli femelle

Hyles gallii gallii (Rottemburg, 1775)

Sphinx gallii von Rottemburg, 1775, Naturforscher, Halle 7: 107.

Localité type:  Allemagne

Le Sphinx de la garance

anglais: Bedstraw Hawkmoth; allemand: Labkrautschwärmer; italien: sfinge del galio

Taxinomie

L’un des Hyles les plus facile à déterminer sur toute son aire de distribution. Les seules région où il varie fortement sont les zones de haute altitude du Népal et du Kashmir. Ces insectes ont été décrits sous le nomde  Celerio gallii nepalensis Daniel, 1960. Il s’agirait de formes écologiques, mais leur habitus est surprenant. En Amérique du nord, on trouve une forme bien différente de nos Hyles galii paléarctique, baptisée Deilephila intermedia Kirby, 1837. Je considère, contrairement à la majorité des auteurs récents, que la sous-espèce intermedia (actuellement synonyme de gallii) est parfaitement valide. Chez ces insectes, l’aile postérieure n’a pas cet aspect bicolore rose et blanc qui caractérise les  Hyles gallii d’Europe et d’Asie, mais elle est presque uniformément rose vif.

Distribution

Monde: de l’Europe au Japon. Rarissime en Espagne, résident en Bulgarie, occasionnel au nord de la Turquie. Présent au Tajikistan, Kyrgyzstan, Kazakhstan, Afghanistan, Pakistan, Kashmir, Nepal, Chine (Province du Xinjiang), sud de la Siberie et Amurland.

France: potentiellement partout, mais de plus en plus rare. Les observations récentes sont assez régulières (surtout dans les Alpes) mais peu fréquentes, comme ce spécimen butinant sur saponaire à Chambonas (07) par  Martin (2015: 26). Jean Claude Tempier en a observé et photographié un exemplaire mâle, butinant le Narcisse des Poètes (Narcissus poeticus) en plein jour (16 heures) dans le Marais de Névrache (05) le 12 juin 2016. Cela confirme le fait que cet insecte soit souvent franchement diurne, surtout en altitude.

Il est partout repris dans la littérature que l’insecte était plus répandue à l’époque où la garance était cultivée comme plante tinctoriale (Rougeot & Viette, 1978: 201).

Plantes-hôtes

Rubia sp, Galium sp. et Epilobium sp. (surtout) Epilobium angustifolium.

Hyles_gallii_femelle_France
Femelle d’Hyles gallii, Alsace (68) France © Jean Haxaire

La chenille accepte un véritable catalogue de plantes mineures comme Betula, Vitis, Spiraea, Syringa, Geranium, Clarkia, Oenothera, Impatiens, Plantago, Asperula, Euphorbia, Crataegus, Fuchsia, Rubia et Salix (Pittaway).

Cette espèce si souvent citée dans la littérature est en France rare et localisée. La carte de Pittaway (1993, 146) montrant une répartition couvrant les 4/5ème de la France me semble bien optimiste. J’allume des lampes pratiquement chaque soir dans le Lot-et- Garonne et jamais je n’ai vu cette espèce, pas plus que mon collègue J. N. Carsus qui pratique le même inventaire dans le Tarn-et- Garonne, ou Daniel Herbin en Haute-Garonne. Si l’espèce est présente partout, elle est bien cachée. Par contre, il est vrai qu’elle est bien implantée dans les Ardennes et en Alsace, ainsi qu’à la frontière allemande (Pascal Régnier com. pers.), où sa chenille se récolte sur les Lauriers de Saint Antoine (Epilobium angustifolium) parfois en abondance.

Ce Sphingidae était semble-t-il bien plus commun en France à l’époque où on cultivait la Garance tinctoriale (Rubia tinctorum) pour en extraire un pigment. La situation a donc bien changé. Il se distingue des autres Hyles de France par le contraste de son habitus. Ses ailes antérieures sont brun sombre, traversées par une bande médiane jaune pâle qui gagne l’apex en ondulant. La bande médiane des postérieures est d’un rose beaucoup plus vif que chez tous les autres Hyles.

L’adulte vole en mai-juin et en août-septembre. Les chrysalides de la seconde génération hibernent.

La chenille de gallii à un aspect remarquablement luisant, elle semble « vernie », et consomme surtout des Galium et des Epilobium spp. Elle est très facile à élever. La chrysalide est formée à la surface du sol dans un cocon rudimentaire.

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