Deilephila porcellus

Papillon lépidoptère leidoptera sphingidae sphinx macroglossinae
Deilephila porcellus mâle
Deilephila porcellus femelle
Deilephila porcellus femelle

Deilephila porcellus (Linnaeus, 1758)

Sphinx porcellus Linnaeus, 1758, Syst. Nat. (Edn 10) 1: 492.

Localité type: non spécifiée [Europe]

Le Petit pourceau, ou Petit sphinx de la vigne

 

Anglais: Small Elephant Hawkmoth; Allemand: Kleine Weinschwärmer

Taxinomie

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Les fluctuations de Deilephila porcellus en un même biotope d’Arménie (Anton Kozlov leg.) . La forme en bas à droite correspond parfaitement au taxon suellus Staudinger, 1878 © Jean Haxaire.

 

 

A l’exception de l’éternel débat « suellus, forme écologique, sous-espèce ou espèce valide? », il n’y a pas de problème taxinomique. On reconnaîtra immédiatement ce petit Sphingidae quand on le rencontrera. Concernant suellus, je suis très partagé. Je pense qu’il manque une étude d’ensemble de toutes les populations du complexe  porcellus pour réellement entrevoir et cerner les entités, spécifiques ou sub-spécifiques. J’ai l’impression que dans leur approche du complexe, Kitching & Cadiou , mais aussi Pittaway confondent certaines formes claires de D. porcellus (formes environementales) avec les exemplaires que je considère comme étant les vrais suellus. Mais n’ayant pas fait l’indispensable travail de consultation de tous les types (et ils sont nombreux), je ne peux aller plus loin. Je présente ci-dessous une petite série de l’espèce provenant d’Arménie, qui montre l’étonnante variation de l’insecte sous ces latitudes. Ces fluctuations n’existent pas dans notre pays.

Distribution

Monde:toute l’Europe, remontant jusqu’au sud de la Scandinavie. Il existe en Afrique du nord, traverse l’Iran, l’Asie centrale et atteint les Tian Shan. On le retrouve en Sibérie, Mongolie, avec une citation étonnante de la région de l’Amur dans Pittaway.

France: tous les départements, surtout biotopes ouverts et fleuris.

Plantes-hôtes: toutes espèces de Galium, mais surtout Galium mollugo et Galium verum. Egalement Epilobium, Impatiens, Asperula, Lythrum, Vitis et Parthenocissus (Pittaway).

Deilephila porcellus imago France Laplume (47)
Deilephila porcellus mâle, spécimen d’un rose exceptionnellement vif.  France Laplume (47) © Jean Haxaire

Le deuxième nom vernaculaire de cette espèce est particulièrement mal choisi, la larve de ce Sphingidae n’acceptant (à ma connaissance) jamais la vigne.

C’est le seul Sphinx français susceptible de pulluler certaines nuits particulièrement favorables. Je ne connais aucune autre espèce, même le Sphinx de l’euphorbe, qui vienne en telle quantité au piégeage lumineux. J’ai souvenir d’une nuit de la 1ère semaine de juin dans les Pyrénées Orientales, route de Py à Mantet, 1750m, où cette ravissante espèce est arrivée à mes lampes sans interruption de la tombée de la nuit à 22 heures. Il s’en est posé plus d’une centaine sur mon drap et il y en avait tout autour de la zone de piégeage, sur chaque support offert. Ce fait est exceptionnel mais, en montagne, à la bonne saison, il n’est pas rare d’en attirer quelques dizaines.

En plaine, l’espèce est plus rare mais largement répandue dans la majorité des biotopes ouverts où poussent les Gallium verum et mollugo, ses deux plantes favorites (La chenille accepterait également les plantes suivantes : Vitis, Epilobium, Impatiens, Asperula et Lythrum. Je n’ai jamais vérifié ces possibilités.) Les biotopes boisés lui conviennent nettement moins, surtout les pinèdes. Il  y existe toutefois, ainsi que dans les terrains arides (coteaux calcaires, garrigues) où elpenor est absent (ou rarissime).

Cette petite espèce vole avant son congénère elpenor, dès la fin avril  et plus tôt dans la nuit (dès le crépuscule). Elle présente deux générations dans l’année, l’une en avril/mai puis en juillet août. Sa femelle est nettement moins rare aux U.V. que celle d’elpenor et elle pond spontanément en captivité à condition de la nourrir manuellement quelques jours.

Ce Sphingidae est fort variable, et ça n’est pas une question de fraîcheur comme certains le pensent. J’ai vu en élevage et dans la nature des exemplaires allant du jaune rosâtre au rose le plus vif. Selon Tony Pittaway, les conditions de vie de la chenille et d’hibernation de la chrysalide (hygrométrie, température) seraient responsables de la coloration de l’adulte. C’est sur cette affirmation que ce même auteur et par la suite Kitching & Cadiou ont considéré que l’espèce suellus Staudinger, 1878 d’Asie centrale n’était même pas une sous-espèce de D. porcellus  mais une forme écologique. Je dois dire pour ma part que jamais de mes élevages n’est sorti un exemplaire aussi jaune (et même beige) que les suellus du Kazakhstan. L’expérience demeure à faire. Il faudrait maintenir des chenilles et des chrysalides de suellus en cage chauffée avec un minimum d’hygrométrie et ce jusqu’à l’éclosion des adultes.

La chenille de ce Sphingidae a la réputation de ne pas supporter l’élevage en nombre. Il n’en est rien, j’ai eu des cages grouillantes de chenilles qui m’ont données des chrysalides parfaites et des imagos de taille normale. Cet élevage est l’un des plus faciles qui soit.

La chrysalide n’est pas enterrée mais se trouve dans un cocon extrêmement grossier à la surface du sol, souvent dans la mousse ou les feuilles mortes. Elle peut éclore en moins d’un mois si la température est favorable.

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