Smerinthus ocellata

Smerinthus ocellata mâle
Smerinthus ocellata mâle
Smerinthus ocellata femelle
Smerinthus ocellata femelle

Smerinthus ocellata ocellata (Linnaeus, 1758)

Sphinx ocellata Linnaeus, 1758, Syst. Nat. (Edn 10) 1: 489.

Localité type: non spécifiée Europe]

Le Sphinx demi-paon

Anglais: Eyed Hawkmoth; Allemand: Abendpfauenauge; Castillan: esfinge ocelada

Taxinomie

Pas de problème de détermination pour cette espèce qu’il est impossible de confondre avec une espèce du même genre, à l’exception de Smerinthus ocellatus atlanticus Austaut, 1890, grande sous espèce décrite de Meridja, Algérie (frontière du Maroc). Cette dernière est composée d’individus toujours plus grands et plus pâles que ceux de la sous-espèce nominative. Les insectes de Corse et de Sardaigne sont assez nettement intermédiaires et correspondent à la forme protai Speidel & Kaltenbach, 1981, décrite de Sardaigne au rang de sous-espèce d’ocellata. Le statut exact des insectes du sud de l’Espagne est toujours sujet à discussion.

Distribution

Monde: Toute l’Europe et sud de la Scandinavie à la Mongolie. Toute l’Asie centrale, remontant jusqu’à la Russie du sud. La limite sud est le nord de l’Iran (Sutton, 1963), le sud du Turkménistan et l’Uzbekistan.

France: Tous les départements, surtout dans les zones humides.

Plantes-hôtes

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Smerinthus ocellata accouplement France femelle Aubiac/mâle attiré à Laplume (47) © Jean Haxaire

La plante de prédilection de l’espèce en France est Salix caprea. Puis viennent toutes les espèces de Salix, Populus, et Malus.

On le trouve aussi sur Betula, Alnus, Prunus (surtout Prunus spinosa)

Belle espèce fréquente dans toute la France, généralement dans les zones humides où poussent Salix caprea, sa plante-hôte de prédilection. Le motif si particulier des ailes postérieures de ce papillon le rend impossible à confondre avec une autre espèce de la famille. S. ocellata présente en effet un splendide ocelle bleu et noir au milieu d’une aile postérieure de couleur rose fuchsia. Dérangé durant la journée, il ouvre brutalement ses ailes antérieures, présentant ainsi un motif faisant penser à deux yeux pouvant provoquer un mouvement de recul de l’agresseur éventuel.

L’espèce ne vient pas très souvent au piégeage lumineux. Il arrive que l’on attire la femelle entre 22 et 23 heures, mais le mâle est lui beaucoup plus tardif, volant bien après minuit (fait classique dans le genre Smerinthus). J’ai longtemps supposé cette espèce peu commune en France, jusqu’à ce que je comprenne que c’est à l’état larvaire qu’il faut le rechercher. Avec un peu d’habitude, on apprend à repérer les repousses de Saule marsault dans les fossés le long des routes, qu’affectionnent les femelles d’ocellata. La chenille se positionne le plus souvent sur les tiges verticales, qu’elle dépouille de ses feuilles, ce que l’on distingue même en voiture. Dans le Lot et Garonne, lorsque je souhaite élever cette espèce, il me suffit de partir en vélo dans la campagne et d’observer les bas-côtés des routes pour en trouver à chaque sortie une dizaine de chenilles (ou plus). Le biotope idéal est le bord d’une route traversant une zone faiblement boisée, avec des jeunes pousses de Salix caprea.

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Deux chenilles L5 de Smerinthus ocellata sur Populus nigra, Laplume (47) France © Jean Haxaire

La chenille est typique Smerinthinae, tête triangulaire et corps granuleux. Elle est extrêmement proche de celle d’Amorpha populi, mais s’en distingue par un aspect plus élancé et une corne bleue. La chenille de populi est plus courte, plus trapue et a la corne jaune-verte.

La chenille d’ocellata consomme toutes les espèces de Salix, mais aussi de Populus et certains arbres fruitiers comme le Pommier (Malus sp.). Elle est aussi donnée sur Betula, Alnus, Prunus, Tilia, Ligustrum et Viburnum. Tony Pittaway (1993, 100) signale que dans Londres, elle est fréquemment trouvée sur le Laurier cerise (Prunus laurocerasus). Devant la toxicité reconnue de cette plante, je ne peux que m’étonner et j’entame dès que possible un élevage sur cette plante. Elle doit être élevée dans des conditions de grande hygiène, et dans des cages bien aérées. Elle ne supporte pas l’humidité excessive, ni la trop grande promiscuité. On obtient des spécimens remarquablement grands en élevant peu de chenilles dans beaucoup de place. Elle change de couleur avant la nymphose, devenant légèrement violacée.

Sa chrysalide est brun sombre et est très luisante, contrairement à celle de populi qui est noire mat, légèrement rugueuse. Elle s’enterre sous 5 à 10 cm de terre. Dans le sud de la France, ce papillon produit deux générations par an. Il vole de la mi-avril à la mi-juin, puis à nouveau en juillet-août, parfois même début septembre en montagne.

Il vole probablement dans toute la France jusqu’à 2000 m dans les Alpes.

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